Amélie Hazard

Graphic design & Communication 360

J’étais peinarde. En contemplation des bleus, du ciel et de la mer.  Lors d’une escale déboule soudainement une foule absurde de volume, compte-tenu de la taille de l’embarcation. Ni disposée au cynisme ni à la sympathie car juste peinarde, sans veille aucune. Comment ai-je pu baisser la garde à ce point avec un programme pareil, à savoir Lipari-Stromboli-Big-Tour en plein mois d’août.

Ce fut l’abordage. Adapt or die.

Cette question qui faisait débat dans une certaine presse féminine l’autre jour en France me revient, à savoir si c’est ok ou pas de passer à table en maillot de bain. Force était de considérer la question comme un sujet. Me projetant dans des déjeuner imaginaires, avec toutes sortes de convives, j’en avais conclu, en phase avec mon éducation, que bof, pas trop.

Cette charge d’informations sensorielles désorganise immédiatement ma pensée, je m’agite. Palpitations et contractions faciales. Je flippe. Je ne pensais pas être ochlophobique mais la prise d’assaut surprise, c’est particulier. Avec le recul, j’ai aimé et haï ce sentiment de stupéfaction, à ne pas savoir quoi dire ni penser.

Soudainement je reçois des gouttes. Ma voisine ébouriffe sa crinière. Micro-événement déclencheur. Tout se fige. Mon cerveau, ma vision, mon visage paraît-il, un arrêt net, sur image. Ces gouttelettes me faisant réaliser que non, j’étais pas obligée d’accepter cette promiscuité. Pas la peine de gamberger comme une fada pour savoir si c’est normal ou pas de faire une crise d’angoisse à mille sur un bateau. Libérée par la petite goutte de trop. J’aurais pu hurler. On m’aurait jetée par-dessus bord.

J’ai senti mon ventre se relâcher et l’étau sur mes tempes se déserrer. J’ai compris que cette promiscuité forcée était vraiment folle et non le contraire. Tous ces détails de peaux-cheveux-odeurs, pas envie qu’ils me racontent tout ça sur leur vie…

Afin de conserver cette tranquillité retrouvée jusqu’au bout du parcours, j’ai pris mon appareil photo qui malgré la promiscuité m’a permis de prendre un peu de distance. Bien-sûr, décidé d’écourter aussi la visite des îles Éoliennes.

Out. Exit. Where ?? I don’t f… know. J’ai erré un peu sur planète Maillot en attendant le bateau du retour. J’ai acheté un appareil photo en plastique qui fait défiler les vues du coin. Ça a l’air joli les îles Éoliennes. J’ai été boire un café puis ma voisine s’est levée pour partir.

Et ce fut l’heure d’y aller.
Alors que d’autres s’apprêtaient à plonger dans l’aventure, je pris la tangente qui me déposa loin de cette fureur.

With love comme on dit