Amélie Hazard

Graphic design & Communication 360

C’est lui. Brutement élaboré ou gracieusement designé, le petit-objet-de-rien-du-tout répond à une fonction usée par les jours et par la vie. Il y a des objets dans lesquels on accepte de se cogner quotidiennement à cause de la réponse qu’ils apportent à toutes ces actions super lambda appartenant à la routine qui nécessitent un ustensile, un contenant… ou comment la poésie émanant parfois de ces petits objets peut transformer l’ennui.

J’ouvre toujours l’œil sur les familles de choses chargées d’insignifiance. Avant, ça m’arrivait d’acheter un truc sans réfléchir, ou plutôt sans penser que cela pouvait mériter réflexion. Conséquence, des achats inconsidérés d’objets que je me coltine depuis quinze ans juste pour l’utilité pernicieuse que je suis obligée de leur reconnaître.
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Alors tout ça par exemple, des torchons, un truc pour moudre, des cuillers en bois, un petit rouleau pour la cuisine…
Chaque objet est bien-sûr associé à une petite histoire personnelle d’où et comment je l’ai déniché. C’est pas du tout évident, faut pas croire à un magasin de souvenirs qui vendrait une sélection d’articles au design si brut et si charmant ou à des concept-stores paumés dans la toundra. Là où je les trouve, personne ne sait qu’ils sont beaux. Les utiliser, en réveillant le souvenir de la petite histoire, transcende le fatal ennui du geste répété.
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Ces petits contenants en étain, pas deux pareils, inempilables, je ne sais pas comment les gens les utilisent là-bas, s’ils en achètent un seul, ou plusieurs, j’aime le mystère de la anse et du bec verseur, je me demande quel liquide se sert dans un si-mini-pichet qui rouille… j’aime surtout que son utilité ne soit pas dictée, sans mode d’emploi ces petites choses peuvent rêver à une vie meilleure.
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Tissu stocké dans le congélateur d’une arrière-boutique – urgence d’organiser un brunch à la ferme.
Tout ça pour parler de la collecte des petites choses à laquelle j’aime me laisser aller … si bien que les petites actions répétitives de ma petite existence se trouvent sublimées par le puissant flux sensoriel que génère l’utilisation de chacune d’elles.
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Dans un autre registre, les objets de porcelaine faits à la main m’éblouissent.
J’éprouve du plaisir à m’entourer de choses qui ont des gens à raconter.
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Brut de décoffrage versus raffinement exquis, les deux me ravissent. La petitesse et la finesse, pas standard, pas aux normes, et la couleur, tellement mignonne en son badigeon.
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Si j’avais la collec, je peaufinerais les nuances de mes jus d’herbes.
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J’étais enchantée de trouver toutes ces références au voyage dans les objets de Frédéric Périgot. Le balai à manche court, ça fait des années que j’en veux un.
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La rayure torchon, le lin ancien, le bois brut, on affectionne ces matières et ces objets à cause des histoires qu’ils nous rappellent et j’aime constater que des petites choses contemporaines peuvent aussi recéler beaucoup, sur un registre opposé de finesse des lignes et du geste.
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Après m’être émue de cette porcelaine si joliment travaillée j’ai réalisé une fois de plus que dans la vie il y a des choix à faire. Radicaux je veux dire. Car c’est difficile de mettre au rebut des petits-objets-de-rien-du-tout, c’est lié à l’affect je crois. En revanche le désir d’en posséder beaucoup, je sais pas à quoi c’est lié.