Amélie Hazard

Graphic design & Communication 360

“ Marveille ”doit son surnom à un heureux twist syllabique dont les enfants ont le secret. Donc Marveille se casse, elle a dépassé ses propres bornes depuis longtemps. Elle voue un grand amour à Paris et de ses origines canadiennes, elle semble garder un esprit punk-intello ouvert sur les grands espaces de la pensée, avec une attirance pour les territoires limitrophes.
Elle me donne carte blanche. Voilà le brief me dit-elle : un presse-papier en verre avec une image d’oiseau à l’intérieur.
Avec ma fine psychologie, je vois oiseau, je pense nid. Marveille a un petit bébé qui parfois change de nid donc la suite du brief c’est babyland en mode optionnel only.
Un an avant, elle abandonnait sa liberté de free-lance, direction l’agence et se demandait dans la même semaine si elle avait trop mangé ou quoi. Elle voit bientôt sa promesse d’embauche lui filer sous le nez ayant choisi de prévenir pour baby. Ah! C’est moche, mais le nid sera joli : elle dépensera les billets de l’arrangement amiable pour enjoliver sa case. Et le temps qu’elle ne passe pas à la nouvelle agence, elle pourra gratter et bouquiner tranquille, buller avec bébé, boire des cafés en s’étirant et c’est toujours ça de pris.

 

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La confiance que Marveille me témoigne me donne envie de la combler bien-sûr et de la surprendre. Elle ne valide rien avant de bien se représenter les choses. Elle a soif d’arguments et elle entend, cela me permet de garder un fil et d’aller au bout de l’idée. Connaissant mon penchant pour l’objet lointain elle me précise juste que son côté world à elle, s’étire de Brooklyn à Berlin, sous-entendu me colle pas de la wax africaine et du fauteuil en perles. J’avais noté je lui réponds et j’aime cet axe Bklyn/Berlin, il est quasiment tangible chez elle.
Marveille n’a pas peur de la couleur, c’est une chance! Par exemple ce Vert Tabac, qui sent déjà le salon où les lectures absorbantes laissent les cigarettes se consumer dans le cendrier… Marveille ne veut plus trop fumer, ça sera un bon placébo. Dans le cadre de l’axe Bkyn/Berlin, je qualifierais cette couleur d’intellectuelle.

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When Baby is not around and when she is :

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Fermé avec une planche recouverte d’un tissu noir à petits points blancs, le lit se camoufle, les affaires sont rassemblées à l’intérieur et l’univers de Baby se recroqueville quand il est ailleurs. L’idée n’étant pas de le gommer, juste de le mettre en veille.

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Comme la plupart des apparts parisiens, celui-ci possède sa part de couloir, il est triangle et il est petit et il y a trois portes. Je suggère d’en faire une clairière avant de s’enfoncer dans la chambre qui est beaucoup plus sombre. On imagine que parfois Baby ira s’y promener car il y aura des jouets cachés dans le tronc d’arbre. Oiseaux, insectes, tapis de mousses et petites étoiles y sont alors convoqués.

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La chambre reçoit peu de lumière. On l’assombrit davantage afin que le peu qui entre ait un rôle à jouer comme celui d’apporter des nuances à une couleur intense. Le violet, complémentaire du jaune, le repos, complémentaire des journées bien remplies, et quand on entre dans l’appart on a le choix d’aller vers l’un sans traverser l’autre et vice-versa, c’est sûrement pas mal feng shui…

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Et ce rideau en velours très lourd cache le dressing, à la frontière de la salle de bain cheap et moche qu’on ne va pas refaire. Ces visages emprunts de féminité et de caractère complémentent à leur tour quelque chose de l’endroit. Au final, la couleur des bouches matche parfaitement celle de la peinture, celle des visages rappelle celle des murs étoilés du couloir et comme l’appart est tout petit il se crée une continuité agréable entre les espaces, c’est marrant… Et ce qui me fait plaisir c’est que Marveille aime s’y esquiver entre midi et deux.