Amélie Hazard

Graphic design & Communication 360

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Left & Right… je voue à mes chaussettes, une reconnaissance quotidienne. Je les vénère chaque jour que dieu fait et plus spécialement depuis le dérèglement du climat. Elles me réconfortent dès le matin, douillettes et élégantes, créant un pont de bonne humeur entre la douceur du lit et l’extérieur hostile – la pierre nue sans chauffage au sol. Je considère pour chaque paire, matière, détails de confection, couleur et hauteur. J’aime les grandes chaussettes. Et j’aime que les fines plissent et les épaisses aussi.

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J’ai assez peu d’éléments pour mesurer la futilité de cette passion, le sujet étant peu fédérateur. Je connais même des personnes qui s’en foutent. Moi c’est l’opposé. Je vois bien le côté contagieux et culpabilise un peu tout en étant intimement persuadée que la chaussette est un sujet. Donc ces deux petites personnes qui n’ont de cesse de passer mes souliers et de se tortiller en titubant plus souvent qu’elles ne jouent avec leurs propres jouets me prêtent aujourd’hui leur gambettes afin d’illustrer mon sujet.

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J’aimerais que le verbe se chausseter existe. Ça donnerait du panache à certaines situations.

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Il faut admettre certains cas où le ratio investissement/effet n’est pas optimal. C’est ce côté visible-mais-pas-tant qui fait que l’on dénigre leur importance, mais les situations visibles ne sont pas fortuites, on les crée.

Il fut un temps où j’avais un faible pour un type de magasin. Je ne sais pas s’il existe encore. Une boutique qui rassemblait des petits stocks de marchandise très éclectique avec ce point commun que les gens ne les avaient point adoptés manifestement. Le spot des articles mal-aimés. Il y avait beaucoup de trucs fabuleusement bien finis, pour la plupart vieillots.

Peut-être la charnière d’une époque où la confection de qualité était normale. C’était le royaume du bas, en tant qu’article bien old-school, celui de la chaussette montante, du bonnet de bain vintage… Tout me paraissait vintage mais c’est juste la clientèle ciblée qui devait faire au moins quatre fois mon âge.

J’y passais du temps. Ouvrir les boîtes, toucher et choisir des trucs que je ne mettais pas mais que j’aimais avoir pour les regarder. J’ai tellement bien fait car je mets quiconque au défi aujourd’hui de trouver des bas de couleur! C’est très difficile, à chaque fois que je demande les vendeuses tombent des nues ou font semblant de chercher pour finalement proposer noir ou pire, chaire… dingue.

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Bref, maintenant j’ai une collec d’enfer et surtout j’ai découvert d’autres filons comme la chaussette japonaise, les rayons dédiés des bons department stores, Topshop à Londres, des murs entiers de fantaisies, Falke à Berlin. Les cartons tout à 5 balles dans les braderies recèlent souvent de trucs très à mon goût. La chaussette deluxe avec ses incroyables matières et détails, initiales brodées et contrastes fous. Donc oui, tout azimut.

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Cela dit en passant, penser que le moral puisse se trouver dans les chaussettes renforce mon propos.

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Je crois qu’elles en ont marre et ne veulent plus rien enfiler, dommage, j’aurais pu continuer. Je les soupçonne de préférer les louboutines aux baskets.

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