Amélie Hazard

Identité de marque

Récit d’une pulsion.

Début septembre, je vois une paire de baskets dans une newsletter (comme quoi…) Je devrais filer l’acheter en trois exemplaires, tellement elles correspondent à mes goûts et à ma vie. Ce serait réglé et la fin de l’histoire. J’ai remis à plus tard car les années passant je pose des limites à mon impulsivité. Avant-hier, je passe par là et comprends immédiatement que je vais payer cher ma négligence (et ma grande sagesse). Et le garçon de la boutique de gentiment prendre mon nom sans pour autant m’assurer la paire, afin de l’ajouter à la liste de ses clients hystéros en attente de réassort. Je n’aime pas ce mot, il est atroce… et se l’entendre prononcer, pire. Il me semble que ça devrait pas être mon problème le putain de réassort. Perturbant le coup de la liste. Comment le desiteratum de ma noble personne puisse-t-il se retrouver au cul d’une liste… Ça casse le délire, donc pouf, Désir Englouti.

Le fait est qu’hier, tout en ayant anticipé les réponses, j’ai joué le jeu d’appeler toutes les boutiques parisiennes. L’occasion de vivre pleinement ma vie de consommatrice. Rôle fragilisant car l’interlocuteur, qui se trouve fortuitement en amont de nos désirs est en position de force, position lui assurant une victoire sans bataille. D’autant plus certaine lorsque l’objet de la quête est édité en série limitée. Alors une première fille a été très très gentille, assez cool, avec comme de la complicité dans la voix… et de l’humour, en 10 secondes de conversation, capable de remettre la chaussure à son échelle de la vraie vie, c’est à dire aucune. Et des garçons, tous exagérément concernés, amusants de maladresse dans leur tentative à trouver un mot de consolation, probablement normal et commercial mais qui me semblait si nul. Me suis sentie incomprise.

Mais ce matin, ces souvenirs de vacances ont balayé ma défaite parce qu’au fond de moi s’est réveillé l’énorme sentiment de paix ressenti en ce lieu ou besoin de rien rime avec quotidien.

Une jolie nappe motif aquarium, deux chaises confortables, un torchon pour essuyer les résidus du temps qui passe… toujours propre, séché au soleil, qui sacralise le tout.